Les faits marquants

En cent ans le métro a connu biens des soubresauts. Rétrospective des événements majeurs

La percée du métro - Le drame de la station Couronnes - L'extension du réseau - La RATP voit le jour

Dès la seconde moitié du dix-neuvième siècle, la circulation, dans Paris, devient problématique. A partir de 1845, des projets (certains assez farfelus) de chemin de fer intérieur sont proposés à l'administration.

En 1880, la capitale compte 2 millions d'habitants. Après dix ans de tergiversations concernant l'autorité de tutelle du futur réseau, l'Etat et la ville de Paris décident de trouver une solution pour pallier l'insuffisance des moyens de surface. C'est l'approche de l'Exposition Universelle de 1900 qui va précipiter la décision. Un avant-projet de réseau de "chemin de fer urbain à traction électrique", signé Huet et Bienvenüe est déposé en 1895. Il comporte une ligne circulaire Etoile-Nation-Etoile, une transversale nord-sud, Porte de Clignancourt-Porte d'Orléans et une transversale est-ouest, Porte Maillot-Avenue Gambetta.

L'assemblée municipale adopte le projet, le 20 avril 1896, en y adjoignant trois lignes. Le projet définitif est approuvé par le conseil en juillet 1897.


Place de l'étoile, fin XIXème siècle  

Le 4 octobre 1898, les travaux de la première ligne de métro (Porte de Vincennes - Porte Maillot) commencent.La ville de Paris assure la construction des tunnels, tranchées et viaducs et des quais des stations, mais laisse la responsabilité des superstructures c'est-à-dire voies, installations électriques, aménagements des accès des stations, ateliers, à la compagnie concessionnaire. Celle-ci est désignée par une commission spéciale parmi six candidatures. Ce sera la Compagnie Générale de Traction appartenant au baron Empain.

Ce dernier s'associe avec les Etablissements Schneider du Creusot et fonde, en avril 1899, la Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris (CMP).

C'est cette compagnie qui va équiper les ouvrages de génie civil sous la haute autorité de Fulgence Bienvenüe, Inspecteur Général des Ponts et Chaussées. Elle assurera, également, l'exploitation du nouveau réseau.

La première ligne de métro sera ouverte au public le 19 juillet 1900 afin, notamment, de desservir l'Exposition Universelle

 

Travaux rue Saint-Antoine Janvier 1899

Fulgence Bienvenüe devant la sortie Monceau
 
 

Les travaux de la ligne 2 (Porte Dauphine - Nation) commencent au début de l'année 1901. En octobre 1902, la section ouest est ouverte entre Porte Dauphine et Anvers. En avril 1903, la totalité de la ligne est exploitée.

Le 10 août 1903, se produit la plus grande catastrophe enregistrée dans l'histoire du métro.

Entre les stations Ménilmontant et Couronnes, une rame (alors construite en bois) prend feu à la suite d'un incident électrique sur une motrice du train précédent. Tandis que les clients demandent le remboursement de leur billet, la rame vide est poussée dans le tunnel. La fumée parvient alors dans la station Couronnes. La lumière s'éteint. Dans l'obscurité, de nombreux voyageurs se précipitent pour fuir vers l'extrémité de la station.

Hélas! Il n'existe pas de sortie à cet endroit, la sortie étant du côté d'ou vient la fumée. 75 personnes meurent écrasées sous la pression de la foule et intoxiquées par la fumée. 9 autres corps seront découverts dans la rame, les souterrains et à la station Ménilmontant. Après ce drame, la construction du matériel roulant sera réalisée en matériaux incombustibles et des progrès considérables seront accomplis dans le domaine de la sécurité tels que le sectionnement de l'alimentation en énergie Traction, et aussi des circuits DISTINCTS entre l'éclairage et la Traction - ces mesures sont TOUJOURS d'actualité...


 
 

Accident de Couronnes 1903 Couverture du Petit Journal

Remorque B en bois 1899 (Reconstruction)

Au bout de 13 ans d'existence, le réseau comprend déjà 10 lignes et est long de 91 km soit plus de 6 nouveaux km par an. 8 lignes sont exploitées par la C.M.P. les 2 autres par la Compagnie du Nord-Sud : ligne A (Porte de Versailles - Place Jules Joffrin) et ligne B en fourche (Gare Saint Lazare - Porte de Clichy ou Porte de Saint Ouen). Le nombre de voyageur passe de 55 millions en 1901 à 467 millions en 1913.

En 1922, c'est désormais la ville de Paris qui assume la responsabilité financière du métro même si la CMP continue à exploiter le réseau. Le 1er janvier 1930, elle absorbe la Compagnie du Nord-Sud réalisant ainsi l'unité du métro, les lignes A et B devenant les lignes 12 et 13 du nouveau réseau.

Parallèlement à cette fusion on remplace les tramways par des autobus plus maniables. Le dernier tramway circule à Paris le 14 mars1937, un an plus tard en banlieue. Pour pallier les défaillances du réseau de surface, on décide de prolonger le métro en proche banlieue. Le premier prolongement extra-muros est celui de la ligne 9 à Pont de Sèvres en février 1934, puis ceux vers Château de Vincennes et Mairie d'Issy.Dans les années qui suivent, d'autres prolongements sont réalisés.Des lignes sont remaniées.
 
 

En 1941, une nouvelle loi impose la fusion des réseaux. C'est à la CMP qu'est confiée l'exploitation du réseau de surface à partir du 1er janvier 1942. Les tarifs sont harmonisés avec ceux du métro sur la base d'un module.

En 1943 et 44, Paris est sous les bombes. Le métro est touché. Pour économiser l'énergie, la C.M.P. doit diminuer l'éclairage, arrêter les escaliers mécaniques, fermer des stations.
En avril 1944, il ne reste plus que 219 stations ouvertes au public. Quelques unes sont aménagées en abris antiaériens.

Station refuge Opéra
 

A la libération de Paris, les transports sont désorganisés. La gestion en est assumée par le Préfet de la Seine. Un quart, seulement, des autobus est en état de transporter des voyageurs. On rouvre les lignes petit à petit en commençant par la banlieue. Les stations de métro fermées sont remises en service peu à peu. En 1946, un milliard six cents millions de voyageurs sont transportés.

Un Établissement Public à caractère Industriel et Commercial est créé par la loi du 21 mars 1948.
C'est la Régie Autonome des Transports Parisiens.
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